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La croix de San Damiano

Le dimanche 29 mai, la croix nouvellement installée dans la chapelle des
franciscains de La Cordelle, a été bénie devant une nombreuse assemblée où
vézeliens et visiteurs se mêlaient.
Cette croix avait été commandée par les frères de La Cordelle à Françoise Buire,
membre de notre paroisse.
Il s’agissait pour les franciscains d’une double démarche : à la fois avoir enfin
une « vraie » croix dans leur chapelle (la précédente étant une photo de
l’original collée sur du carton) et qu’elle soit installée au moment où les frères
s’apprêtent à commencer des travaux d’agrandissement de leur couvent. Ils
tiennent à ce que leur nouvelle vie s’enracine dans la Croix.
La croix, dite de San Damiano parce qu’elle se trouve dans la chapelle du même
nom, à Assise, a été réalisée au XIIe siècle par un iconographe syrien. Elle est
un bel exemple du mariage de l’Art byzantin et de l’Art Roman, où le Christ est
représenté crucifié et ressuscité. C’est en priant devant cette croix que St
François a vécu une véritable conversion et a entendu le Christ s’adresser à lui
en lui demandant de « reconstruire son église » (ce que François a également
compris par « reconstruire son Eglise »).
Elle est donc devenue LA croix des Franciscains.

« Nous n’avons pas d’autre camp que celui des innocentes victimes ». Message de notre Séminaire au sujet de la guerre en Ukraine

Le Séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève d’Epinay-sous-Sénart, où Russes et Ukrainiens vivent en harmonie depuis plus d’une décennie, n’a d’autre camp dans cette guerre que celui de ses innocentes victimes.

Nous croyons que c’est la paix et non la guerre qui établit la justice. Et à l’inverse nous voyons dans toute déclaration de guerre un progrès de l’injustice.

Nous croyons exclusivement en l’Église une, sainte, catholique et apostolique, et pour cela nous faisons profession de ne croire à aucun empire humain, comme de récuser toute forme d’impérialisme.

Nous ne reconnaissons l’existence des nations que pour la paix et la sécurité qu’elles procurent aux hommes dont la véritable citoyenneté est à nos yeux céleste. Pour cette raison nous voyons en tout nationalisme une forme d’idolâtrie.

Nous prions pour que cessent, avec cette guerre, les combats, les bombardements et les destructions. Et nous prions pour que le pardon rétablisse la paix entre deux peuples frères.

Nous prions pour que la voix des artisans de paix soit entendue par les autorités de la Fédération de Russie, et qu’elles mettent fin à leur sanglante offensive.

Nous prions pour les morts, et nous nous tenons prêts à accueillir, consoler et réconforter les vivants.

Nous faisons le serment de poursuivre, quelles que soient les circonstances, notre œuvre de rapprochement fraternel entre les peuples russe, ukrainien et français.

War in Ukraine : a personal reaction, Fh. Stephen Headley

I emigrated to France fifty years ago. Fh. John Myendorff then directed me
towards a Moscow Patriarchate parish in Paris where I stayed twenty five
years becoming a deacon and later a priest. I benefitted greatly from my
contacts with the Russian immigration here and especially from some ten
trips to Russian where I prayed and made friends. The spiritual strength of
the Church strengthened me. I even wrote a book (Christ after Communism,
2010) about how three parishes in Moscow opened in the new freedom of
the post-Soviet era.
I never presumed to understand what it could be like to be a Russian
Orthodox in the heavy aftermath of Poutine’s ascension. For me it was
simply Christ’s Patriarchate in a tight corner, but still courageous and
faithful. Now along with many others, I feel that the Patriarch and those
around him have failed their calling and lost their authority. This probably
happened slowly over the years but was not visible till they lost their
dignity. I intend to remain in the Patriarchate and pray for all as in the past
but I need to say that they have lost my respect. I am of saddened by this
victory of ideology over Christian faith. I do not have deal with this on a
daily basis as they do but my empathy deserves a voice. So what I say is not
out of anger , righteous indignation but sadness which they certainly feel
themselves since they have committed themselves in compromises that for
us our unacceptable. Obviously what is more urgent is our prayers and aid
for all who have been devastated by bullets, bombs and the silence of the
bishops of their Church: “For the peace from above and the salvation of
our souls let us pray to the Lord.”

La guerre en Ukraine : une réaction personnelle, Fh. Stephen Headley

J’ai émigré en France il y a cinquante ans. Fh. John Myendorff m’a ensuite
dirigé vers une paroisse du Patriarcat de Moscou à Paris où je suis resté
vingt-cinq ans devenir diacre et plus tard prêtre. J’ai beaucoup bénéficié de
mes contacts avec l’immigration russe ici et surtout de quelques dix voyages
en Russie où j’ai prié et fait des amis. La force spirituelle de l’Église m’a
renforcé. J’ai même écrit un livre (Christ après le communisme, 2010) sur la
façon dont trois paroisses de Moscou ont ouvert dans la nouvelle liberté de
l’ère post-soviétique.
Je n’ai jamais présumé comprendre ce que cela pouvait être d’être un
orthodoxe russe après l’ascension de Poutine. Pour moi, c’était simplement
le patriarcat du Christ dans un coin serré, mais toujours courageux et
fidèle. Maintenant, avec beaucoup d’autres, je sens que le Patriarche et
ceux qui l’entourent ont manqué à leur appel et ont perdu leur autorité.
Cela s’est probablement produit lentement au fil des ans, mais n’était pas
visible jusqu’à ce qu’ils perdent leur dignité. J’ai l’intention de rester dans
le Patriarcat et de prier pour tous comme par le passé, mais je dois dire
qu’ils ont perdu mon respect. Je suis attristé par cette victoire de l’idéologie
sur la foi chrétienne. Je n’ai pas affaire à cela tous les jours comme ils le
font, mais mon empathie mérite une voix. Donc ce que je dis n’est pas par
colère , indignation juste mais tristesse qu’ils se sentent certainement eux-
mêmes depuis qu’ils se sont engagés dans des compromis que pour nous
notre inacceptable. Ce qui est évidemment le plus urgent, c’est notre prière
et notre aide à tous ceux qui ont été dévastés par les balles, les bombes et le
silence des évêques de leur Église : « Pour la paix d’en haut et le salut de
nos âmes, prions le Seigneur. »