Sur le mariage

Sermon sur le mariage

Réflexions sur le Mariage

Dieu créa un cosmos de toute beauté, puis il y installa l’homme. Avec Sa Sagesse il sépara l’humanité en 2 genres pour que l’amour soit la mesure de toute chose. Tout ce qui ne participe pas à l’amour commence à mourir.

De quoi est-ce que je parle ? A travers leur amour les mariés témoignent de la présence de Dieu. Leur ressemblance avec leur Créateur renforcée par leur amour l’un pour l’autre instaure une écologie de la famille. Cette responsabilité générationnelle est le moteur de transmission des valeurs intimes et ineffables.

De génération en génération ce monde est conservé par l’amour, la mémoire d’un monde qui nous a été offert. Ceci commença évidement par la rencontre de deux personnes, homme et femme. En devenant un couple, ils deviennent les gardiens d’un lien de Vérité. La création à laquelle ils sont appelés révèle la place du Logos de l’univers. C’est lui en dernière instance qui les réunit. Les couronnes posées sur les têtes de mariés sont signe de la gloire et de l’honneur de leur mariage devant leur Créateur.

Mais comment l’acte de couronner le couple consacre-t-il leur mariage ? Réfléchissons, il s’agit de bien autre chose que de la simple fidélité. Combien de fois dans une vie nous est-il donné d’être complètement vrai vis-à-vis d’une autre personne ? Dans cette cérémonie, les mariés se promettent l’un à l’autre avec leurs alliances, et cela dans la maison de Dieu. Devant le Seigneur leur personne devient la vérité de l’autre. Ainsi en anglais se marier se dit, « to betrothe”, qui étymologiquement parlant veut dire « to be the truth of another ». Etre vrai pour l’autre fait que tu deviens la vérité de l’autre. L’échange des alliances exprime leur désir que leurs vérités s’échangent. La maturité et la grâce de Dieu aidant, le mystère de l’amour mutuel pénètre toute leur vie de couple.

On ne peut rien donner de plus grand à une autre personne que sa vérité. Les deux alliances indistinctes par leur forme et les deux couronnes témoignent (μαρτυρέω, martyreo) d’abord réciproquement et ensuite dans leur vie ad extra que l’amour est possible dans ce monde. Ces couronnes ne sont pas une décoration royale, mais les couronnes des martyrs, qui témoignent de la bonté de la création, de la victoire du Christ sur la croix. Les couronnes de tout martyr démontrent que l’amour ne connait pas la mort, et que la vie entre vous est un don d’en haut , destinée à croître en devenant un grand arbre, à l’ombre duquel beaucoup peuvent se rassembler sans craindre aucun mal.

Que signifie le mariage pour les orthodoxes ? Le divorce est-il possible ?

Le mariage est considéré par l’Église orthodoxe comme une voie de sanctification du couple établie et bénie par le Christ lui-même ; le Christ a notamment béni le mariage par sa présence aux noces de Cana et par le miracle du vin (Jn 2, 1-11).

Le mariage dans l’Église orthodoxe comprend deux rites successifs : l’office des fiançailles, au cours duquel les époux échangent les anneaux en vue d’une union librement consentie, et l’office du couronnement des époux, qui est le sacrement proprement dit. Les couronnes placées sur les têtes des époux sont à la fois des couronnes de joie et de martyre, car le vrai mariage implique le sacrifice de soi-même par amour pour l’autre. Dans la théologie orthodoxe, c’est le prêtre et non le couple qui est le ministre du sacrement du mariage. Pour être marié dans l’Église orthodoxe, au moins un des deux époux doit être orthodoxe.

Dans l’orthodoxie, le mariage est indissoluble et implique une fidélité absolue. Pourtant, par mesure d’ « économie » (condescendance envers la faiblesse humaine), l’Église peut accepter la possibilité du divorce et permettre un deuxième mariage, voire un troisième (jamais plus). C’est l’échec du premier mariage qui est considéré comme un péché, et non la nouvelle union. Le divorce est en effet un péché contre la foi et contre l’engagement dans l’amour. C’est aussi un péché contre le sacrement célébré puisqu’il mène à la destruction de cette une seule chair que le sacrement a créée, c’est-à-dire la nouvelle réalité de la grâce que sont devenus les époux bénis par l’Église. Lorsque ce lien sacré du mariage a été irrémédiablement détruit, l’Eglise n’impose pas de maintenir la fiction d’une union qui n’a plus de sens. En cas de second ou de troisième mariage, le rituel est différent de celui du premier mariage. Il est plus court, moins solennel et revêt un caractère pénitentiel.

Les membres du clergé orthodoxes peuvent-ils se marier ?

Dans la tradition orthodoxe, les diacres et les prêtres peuvent être mariés pourvu que le mariage précède leur ordination. Les futurs prêtres non mariés professent en général les vœux monastiques, car les prêtres ne peuvent pas se marier après leur ordination. Un prêtre veuf ne peut pas non plus se remarier. Les évêques, quant à eux, ne peuvent pas être mariés ; ils sont habituellement choisis parmi les moines, ou parmi les prêtres veufs.